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Le devenir du patrimoine colos : un enjeu en montagne

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Un enjeu important en montagne
L’accueil d’enfants est une promotion touristique et une garantie de fréquentation pour l’avenir. Un enfant venu en séjour classe découverte ou colonie reviendra plus tard sur le site, avec sa famille d’abord et adulte ensuite.
Tous les témoignages de professionnels et élus l’attestent.
C’est aussi une garantie d’activité pour l’ensemble des professionnels de la filière, encadrement, moniteurs, guides et prestataires de services.

Le patrimoine colonies et centres de vacances forte présence en montagneLes colonies de vacances ont connu un développement très important sur l’ensemble du territoire, littoral, campagne et montagne en particulier :
En Rhône-Alpes, on comptait en 1998, 1 780 centres de vacances accueillant des enfants, avec une capacité de 140 000 lits ; 70 % situés sur les 3 départements alpins : Isère, Savoie et Haute-Savoie.
Une chute importante, qui continue
Depuis une quinzaine d’années, tous les centres de vacances accueillant des publics jeunes ont été confrontés à un grand nombre de difficultés, On estime que près de 35% ont fermé.
Aujourd’hui les colonies continuent de fermer pour de multiples raisons : toujours plus d’exigence en matière de réglementation pour les séjours, de qualification du personnel, de normes des bâtiments, des comportements et attentes des clientèles mais aussi baisse de la fréquentation car une majorité de parents ne peuvent plus assumer les coûts de séjours.
Les séjours classes connaissent également une chute liée aux contraintes administratives et difficultés du financement des séjours.
Au niveau marché des séjours, plusieurs points méritent d’être soulignés :
L’organisation des départs en colonies ou classes a beaucoup évolué pour diverses raisons. Aujourd’hui, le plus souvent, les séjours enfants en centres de vacances sont devenus des services achetés par les collectivités sur appels d’offre.
Les sorties classes se maintiennent à un certain niveau avec des séjours plus courts, à la semaine souvent.
Le marché des séjours colos ne s’est pas effondré. En 2011, 7,5 % des enfants et adolescents de 5 à 19 ans sont partis en vacances collectives (colonies, camps ou séjours linguistiques). Ce taux était de 10 % 15 ans en arrière.
Les Centres de loisirs sans hébergement (CLSH) connaissent une croissance très rapide dans tous les secteurs (agglos, banlieues, zones rurbaines ou rurales). Ces dernières années, une forme de séjours courts (1 à 4 jours) "les mini-camps", s’est également développée : c’est un compromis entre le CLSH et la colonie, une passerelle vers les colos. En 2011, 2,5 % des enfants et adolescents sont sortis en mini-camp.
Des politiques de rénovation aux effets contrastés
On peut trouver plusieurs exemples récents de centres de vacances qui ont réalisé des travaux de requalification – modernisation lourds sans pour autant réussir mieux et être contraints de fermer. On ne transforme pas facilement un centre de vacances en village ou résidence de vacances. A l’inverse, on connaît des colos qui ont évolué prudemment en gardant leur coeur de métier, l’accueil de jeunes tout en élargissant leur public. Les projets de rénovation doivent viser un confort minimum permettant un élargissement des publics tout en gardant un côté rustique et fonctionnel.
Des enjeux fonciers
Dans un contexte foncier tendu en montagne, les centres avec des terrains souvent importants, de un à plusieurs hectares, constituent des réserves ou opportunités foncières. Déjà de nombreux propriétaires ont ainsi pu réaliser des transactions intéressantes en vendant leurs domaines à des promoteurs.  D’ailleurs le plus souvent, les domaines colos sont classés "zone à vocation résidentielle de loisirs" dans les documents d’urbanisme, Scot et PLU, ce qui leur donne une valeur évidente. Des choix seront à faire par les propriétaires et les collectivités de montagne.
Un besoin de réorganisation et d’innovation
L’activité d’accueil des jeunes à besoin d’être réorganisée tant sur les sites d’accueil qu’en milieux urbains émetteurs de clientèle. On ne peut plus aujourd’hui concevoir des centres de vacances accessibles à leurs seuls ayants droit ou réservés à une mono clientèle.
Les propriétaires quel que soit leur statut doivent envisager un nouveau mode d’ouverture de leur structure.
Les propriétaires (collectivités urbaines, Comité d’Entreprises ou associations) seraient plus avisées d’arrêter de raisonner chacune dans leur coin.
réflexions engagées en 2012 au sein de Rhône-Alpes Tourisme et de la MCTPT (Maison Commune du Tourisme Pour Tous) sont intéressantes et dégagent des pistes innovantes :
– Mutualisation, actions communes entre centres sur un espace cohérent.
– Démarche commune sur l’accessibilité des locaux, des équipements loisirs partagés,
– Des tours de table financiers élargis.
Un partenariat gagnant-gagnant entre collectivités émettrices et territoires d’accueil serait plus constructif.
On ne peut plus se limiter à la faisabilité de rénovation d’une seule structure (à titre d’exemple, 120 lits et 2000 m² et un niveau d’investissement de l’ordre de 2 M€. Il faudrait résonner village, station, Pays ou Fédération.
Une réflexion à moyen terme, visant à restaurer les bâtiments, à repenser l’offre d’hébergement pour l’élargir à d’autres publics, à viser un fonctionnement à l’année différent, doit s’engager.
Il est indispensable de développer des activités de plein air qui s’adressent à des vacanciers urbains mais également aux populations locales ou à d’autres vacanciers. Les professionnels locaux du secteur du tourisme et des loisirs en bénéficieraient.
Des évènementiels, sportifs ou culturels, associant les diverses populations, créeraient une dynamique. Les citadins pourraient s’identifier à un territoire de vacances, s’y sentir chez eux. Des activités ou manifestations plus pérennes sont indispensables pour faire vivre un lieu.
Les centres disposent souvent de foncier, ce qui ouvre des possibilités pour des équipements de loisirs semi couvert innovants au niveau du concept et l’architecture.
Les centres de vacances en montagne, doivent garder des relations fortes avec leurs bassins de clientèle. Ils doivent s’inscrire dans la vie sociale et l’imaginaire de ces territoires urbains. En parallèle, les structures sociales urbaines doivent maintenir le lien tout au long de l’année pour que les centres de vacances ne soient pas des lieux anonymes. L’accueil de groupes sportifs adultes amplifiera ce lien.
Le redémarrage de ces centres de vacances nécessite :
– Une réflexion collective partagée sur le territoire par tous les intervenants
– Des projets partagés par une équipe professionnelle gérant la structure, par les collectivités impliquées et le monde associatif des deux territoires, urbain et montagnard.
– Un souci d’innovation au niveau des concepts et de l’architecture.
– Des financements pour leur réhabilitation et mise aux normes
– Une volonté politique des Régions et Départements concernés.
Les propriétaires : Conseils Généraux, Agglomérations et villes, Comités d’Etablissement ou associations spécialisées, sont tous concernés.
Tous les territoires de montagne, des Vosges aux Pyrénées via le Jura, les Alpes et le Massif Centra, sont impliqués.
Rhône-Alpes, première région réceptrice et deuxième émettrice, devrait être pilote en matière de centres de vacances.

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