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Franc fort : les stations de ski suisses cassent les prix pour sauver leur saison

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Après un début de saison d’hiver difficile en raison des caprices de la neige, pas question pour les stations alpines de rester inactives : «à situation extraordinaire, mesures extraordinaires», s’exclame Berno Stoffel, directeur de l’office de tourisme de Grächen dans le Valais. En accord avec la majorité des entrepreneurs locaux, la station a adopté un taux de change fixe d’un euro pour 1,35 franc (contre 1,05 actuellement) pour la période allant du 7 mars au 12 avril, soit davantage que le taux plancher d’1,20 CHF en vigueur avant son abandon par la Banque nationale suisse (BNS).

«Nos retours sont excellents. Nous avons même davantage de monde que l’an dernier!», se réjouit Berno Stoffel qui entend renouveler cette action l’hiver prochain. Même son de cloche du côté de Verbier, appréciée de la jet-set. Impossible d’échapper à l’offre de la station valaisanne qui s’affiche en rouge vif sur son site: «Verbier adapte ses prix en fonction du franc fort. Pour toute nouvelle réservation d’un séjour, bénéficiez de nombreux rabais !».

Chiffre d’affaires en recul. Il faut dire que la situation devenait grave pour le tourisme suisse confronté à la flambée du franc et donc l’envolée de ses prix pour les touristes étrangers, notamment ceux de la zone euro. Comparé à l’an dernier, le nombre d’hôtes et le chiffre d’affaires en janvier sont en recul de respectivement 15,1% et 5,8%.

«Bien sûr que la décision nous embête car notre chiffre d’affaires va baisser avec des charges constantes, mais nous n’avions pas le choix», déclare de son côté Jacques Nantermod, directeur des remontées mécaniques de Morgins. Sa station, frontalière avec la France et affiliée au domaine des Portes du Soleil, un des plus grands domaines skiables du monde avec ses 425 km de pistes, a également décidé de baisser ses prix de 15% au surlendemain de la décision de la BNS. Du jour au lendemain, le forfait journalier avait bondi de 20% pour les touristes européens, obligés de débourser 60 euros au lieu de 50, de quoi les faire glisser vers les stations françaises voisines.

«Quelques centaines de mètres nous séparent de la frontière, nous ne pouvons pas avoir deux tarifs différents en proposant le même produit», explique-t-il. «Cela peut être délicat à long terme mais on ne peut pas réduire la sécurité (en supprimant des postes, NDLR). Il va donc falloir mettre la pression sur nos fournisseurs». Désormais, les skieurs payent à nouveau le même prix des deux côtés de la frontière franco-suisse.

Se recentrer sur les Suisses. Si nombre de stations se résignent à cette décision qui leur permet de rester compétitives avec leurs voisines françaises ou autrichiennes et d’éviter un repli considérable, d’autres tentent de résister à la tentation de baisse des prix, quitte à changer leurs habitudes.

C’est le cas du Valais au niveau cantonal qui préfère s’orienter «vers une clientèle plus sensible à la qualité et aux services qu’aux prix». Entendez les touristes les plus riches ou les Suisses. Ces derniers représentent «seulement 52% des hôtes du Valais» et vont à présent constituer sa cible prioritaire: «près de la moitié des Suisses sondés ne sont que très rarement, voire jamais venus en Valais. Il y a donc là un fort potentiel», estime Damian Constantin, Directeur de Valais/Wallis Promotion.

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