Interview exclusive de Laurent REYNAUD, Délégué général de Domaines Skiables de France - DSF

Calendrier scolaire : les actions des professionnels de la montagne portent leurs fruits

Alpinews : Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, fixera "au printemps" un calendrier scolaire des prochaines années modifié pour tenir compte notamment des conséquences de la réforme territoriale sur les zones des vacances scolaires, mais également des contraintes nombreuses qui affectent les stations de ski. La discussion est ouverte, qu’attendez vous précisément ?
Laurent Reynaud : Le secteur du tourisme pèse 7,5% du PIB français, 1 million d’emplois directs et 1 million d’emplois indirects. Il fait de la France l’un des premier pays touristique du monde, avec les avantages que cela comporte pour l’emploi mais aussi pour la balance de notre commerce extérieur.

S’agissant du calendrier scolaire, chacun sait combien les arbitrages sont difficiles à faire pour les gouvernements. Notre demande, conjointement avec l’ensemble des socioprofessionnels et des élus des territoires de montagne - mais aussi du littoral, de la campagne et de la ville - a toujours été de reconnaître l’impact du calendrier scolaire sur l’activité touristique.

Pour nous, il est naturel qu’une décision aux conséquences aussi multiples relève d’un arbitrage interministériel de l’Education Nationale conjointement avec le Tourisme, l’Emploi, l’Economie, les Transports et l’Aménagement du Territoire. L’annonce de la ministre de l’Education Nationale a été accueillie positivement, car elle laisse entendre que l’ensemble des paramètres du dossier seront pris en considération, y compris les enjeux sociaux et économiques.

Dans ce dossier très complexe, notre position est bien une position d’intérêt général. Elle est soutenue par les syndicats de salariés, les élus de gauche comme de droite toutes destinations touristiques confondues, et l’ensemble des acteurs économiques du tourisme français.

 

Alpinews : Peut on faire un premier bilan de fréquentations de ces débuts de congés, et comment se présentent les semaines à venir ?
Laurent Reynaud :Après un début de saison difficile, puis un mois de janvier globalement convenable, les quatre semaines de vacances françaises s’annoncent sous de bons auspices. A la faveur de chutes de neige généralisées (y compris en plaine !), l’ensemble des domaines est entièrement ouvert dans tous les massifs et cela à toutes les altitudes.

Il sera malheureusement très difficile de rattraper le gros retard pris en décembre, car la fréquentation en fin de saison est devenue insignifiante depuis la modification du calendrier scolaire en 2010 qui a retardé les vacances de printemps d’une semaine. Depuis qu’elles se terminent à la mi-mai, les vacances de printemps qui pesaient 8 à 10% de la saison d’hiver ne pèsent plus que 2% de la saison. L’impact du calendrier scolaire sur notre activité est colossal !

 

Alpinews : Un mot sur le printemps du ski ?
Laurent Reynaud : En parallèle des actions entreprises depuis 2010 pour faire reconnaître les enjeux économiques et sociaux du calendrier scolaire par rapport au mois d’avril, l’ensemble des acteurs des stations souhaitait s’engager dans une démarche volontariste afin de dynamiser l’offre proposée à cette période. Cette action pilotée par France Montagnes avec le soutien très fort des opérateurs de domaines skiables (notamment la Compagnie des Alpes) vise à valoriser auprès des cibles susceptibles de (re)venir à cette période toute l’offre de ski disponible à cette période, « mais pas que ». Egalement la variété des activités praticables dans les conditions météo propres à cette période de la saison. Elle pourra donner tous ses fruits si le calendrier scolaire se trouve effectivement corrigé.

13-02-2015 à 10:22:40